mardi 13 décembre 2011

Le voyageur

Seul, une besace remplie de souvenirs,
Et le cœur bien gros de souvenirs trop amers,
Il a tourné son regard bleu pâle vers les mers,

Saisi par ce besoin impérieux de partir,
Le voila parti, il sent le besoin de respirer,
Chaque pas le menant vers sa nouvelle vie,

Chaque pensée le menant vers ses nouvelles envies
Respirer l'air pur de nouvelles contrées,
Il va errer vers d'autres possibles, et d'autres Orients,

Entre les épaves de ses regrets, et les amants
De la cruelle fortune qui l'emmène au loin.
Et enfin les voiles blanches se gonflent dans le matin,

Navigant sur un océan bien trop calme,
Mais c'est dans les profondeurs que résident les âmes.
"Par le fond" est ce donc là le but du voyage?

Combien de chants de sirènes, combien de naufrages,
Avant l'ataraxie du cœur, loin des chaos?
D'océans noirs où résonnent les sinistres échos,

Des rugissements des krakens, des léviathans
Qui renvoient au soleil leurs éclats miroitants;
Verra-t-il à nouveau le soleil levant du matin?

Quels écueils évitera-t-il, par quels chemins?
Quel destin les étoiles muettes ont-elles dessiné
Pour ce pauvre voyageur, las et fatigué?

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