jeudi 29 décembre 2011

De la boue et de la vanité

Des cris, parmi les nuages de cendres, qui hurlent,
Et des volutes de fumées, chargées de souffre,
S'élevant de trous profonds comme des gouffres,
Et ces millions de vers qui rampent et qui pullulent.

Nulle lumière sur ce champ de bataille triste,
Où le pâle cavalier de la Mort décharnée,
A passé sa charrue rouillée pour moissonner,
Laissant dans l'air un parfum doucereux, sinistre.

Mille épées et lances gisant dans la boue sale,
Et tandis que retombe la fièvre animale,
Rougeoyante furie, les charognards crient,

Appelant au festin macabre leurs amis,
Tandis que sous un soleil de sang s'éteignent,
La vanité cruelle de l'homme et son orgueil hautain.

Les corbeaux

La revoilà, douloureuse et pénible angoisse,
Comme un incube elle a pris des formes de panthère,
Longiligne beauté sombre parée de lumière,
Las, revoici les corbeaux des doutes qui me tracassent!

De ses doigts de verre, elle arrache les certitudes,
Plongeant dans la glace de mes yeux déjà morts
Une lueur improbable; sous les sycomores
Déjà je respire le parfum de mes turpitudes.

Elegance de la peste et de la décadence,
Je suis déjà entrainé dans la folle danse,
Dans des pas macabres et dangereux, au bord du gouffre,

Déjà je respire de vieilles odeurs de souffre :
Ainsi, la chair de mon cœur n'est elle pas morte
Sous le marbre, et peut être y a-t-il une porte?

samedi 24 décembre 2011

Oubli

Bien des averses et des brumes m'ont traversé
Et les nuages roses de l'Holocauste sont morts
Quand tes grands yeux cristallins ont déserté
Le campement de mon cœur comme des soldats d'or

J'ai oublié ton sourire dans d'autres « je t'aime »
Et j'ai fait fi de ton parfum de Circé
Que j'ai jeté dans les plus lointains des déserts
Les condamnant à l'oubli et à l'anathème

Mes oreilles ne connaissent plus ta voix douce
Prélat de la perfidie et de l'horreur
Qui me menât au fil des heures

Jusqu'à la potence, pris par de grandes secousses
Enfer, écueil, ou même gloire, que m'importent?
Je ne veux qu'une chose : que tu partes, que tu sortes!

jeudi 22 décembre 2011

La rose et le corbeau

Au fond d'un vieux cimetière plein de poussière,
Sur une tombe oubliée et fissurée,
Avait poussé une rose aux légers reflets,
Là où tes pas féériques avaient dansé naguère.

Un corbeau solitaire, dans son habit sinistre
Vint à passer au dessus, pendant son office,
Laborieux et noir psychopompe, déversant au calice
Du Diable ricanant toutes les âmes tristes.

Sous un orage tapageur, il posa sur elle
Son œil froid et insensible de volatile,
Sur cette créature vivante et servile,
Attachée, liée, qu'elle était au monde réel,

Lui qui avait vécu des millénaires de nuit,
Tomba en Passion pour une amante du soleil
Qui déployait ses bras arrondis et vermeils,
Sous cette brûlante lumière de midi.

Divin charognard, son cœur de glace se brisa
Sous l'épine venimeuse d'un amour défendu,
Et dès lors, il respira comme le pendu,
Par les à-coup que lui permettait sa voix.

Nul ne peut dire les souffrances que l'oiseau,
Compagnon discret de la Mort impassible,
Endura en son sein : elles furent trop terribles;
Le Destin avait marqué la fleur de son sceau.

Et lorsque la rose se fana à l'aurore,
Le corbeau mêla quelques unes de ses plumes
Aux pétales noircies sous la sinistre lune
Avant de repartir à sa besogne, encore.

Erzsébet

Grande, belle dame au teint si pâle et bletissant!
Alors dans ton regard froid et opalescent,
Je devine cette angoisse du temps qui s'écoule,
Dans l'amertume de tes larmes grises qui roulent.

Quelle fée maligne, ou quel esprit des bois noirs
A pris possession de toi aux lumières du soir?
Pourquoi une telle lueur dans tes yeux de pierre?
Ce cœur doux et aimant n'est il plus que désert?

Ivre de sang, tu sombres dans l'ébauchement sinistre,
Cruauté oblivieuse des mortes passions tristes;
Le sang virginal te semble parégorique.

Salutaire nectar de vie et de beauté,
Et tu cours, comtesse, à une fin bien tragique!
Ton âme se balance, entre Styx et Léthé.

mercredi 21 décembre 2011

Il semble que certains lecteurs aient besoin d'une petite mise au point. Si mon écriture et mon personnage peuvent paraitre prétentieux, vaniteux, sachez qu'il s'agit d'une chose, au moins pour ce qui est de ma personne réelle (que peu connaissent), que je revendique, ou du moins que j'assume. Je suis prétentieux, égocentrique, vaniteux, orgueilleux, cynique : cela fait partie de moi, et cela ne changera qu'à la force du temps, et non sous les coups de butoir malhonnêtes de critiques incessantes et venimeuses.
Pour ce qui est de mon Art, en revanche, il est sincère : il n'a pour d'autre but que lui même. Je n'entends copier ni dépasser personne, pas même mes modèles littéraires ou musicaux. Là encore, je change à mon rythme, car je suis quelqu'un de constant, de butté et de conservateur. En effet, ceux qui ont déjà lu mes tous premiers poèmes seront d'accord pour remarquer le travail et l'évolution accomplis depuis ces quelques années passées à écrire, même si, je le confesse volontiers, je peine à me renouveler pour ce qui est des sujets. Mais, sans vouloir me défendre car il ne s'agit nullement ici d'un plaidoyer, il faut trouver l'explication à ceci dans mon caractère et, à nouveau, la musique que j'écoute.
Certains dissimulent leur dégout de ma poésie derrière une critique imparable : "tu ne fais pas de l'Art". Etant artiste, ayant une rhétorique et une argumentation d'artiste, je me retrouve, en effet, dépourvu d'arguments car mes arguments se retrouvent dépourvus d'objet. On assimile donc mon travail_et il y a un réel travail, croyez le ou non, à un caprice, à une crise d'adolescence. On oublie, ou on omet, ce qui est d'une mauvaise foi incroyable mais commune chez ce genre de sophistes, que chaque poème non seulement raconte une histoire de ma vie (pardonnez là encore mon égocentrisme mais je me vois mal écrire du point de vue de la voisine) mais encore s'inscrit dans un contexte émotionnel, politique, ou autre. Que l'on ne se méprenne pas : je ne cherche à apitoyer personne, je ne cherche pas non plus à attirer la sympathie d'autrui pour mes œuvres. Celles ci plaisent ou ne plaisent pas, voilà tout. Je ne cherche pas non plus à réfuter les critiques, ou à diviniser mes œuvres : j'accepte les critiques, même négatives (surtout négatives) car un certain nombre d'entre elles m'ont fait progresser en tant qu'artiste.
Cordialement.

Séléné

Séléné, ma douce et parfaite amante, j'entends bien
Tes murmures discrets et tes silencieux secrets,
Quand tu étires lascivement tes rayons,
Par delà les collines et les mornes vallons,
Et dans la nuit froide, je t'ai entendue pleurer,
Déversant une lumière lactée sur les chemins.

Je t'ai vue d'abord enfant, affamée de vie,
Ce mince croissant s'élevant délicatement
Parmi la nue gelée et mouillée d'étoiles;
Et puis je t'ai vue femme, sous une robe pâle,
Opulente et ronde, et généreuse, et aimante,
Avant de voir faiblir tes dernières envies.

Et puis je t'ai vue mourir, devenir un spectre,
Et troquer ta robe d'ivoire pour le linceul,
Pour retourner dans ton tartarien tombeau,
Et attendre la prochaine plainte du corbeau
Pour que tu t'élèves à nouveau, triste et seule,
Accrochée dans les cieux aux côtés d'Electre.

mardi 20 décembre 2011

A la poursuite de nos illusions

Et les corps viciés de nos amours suspendues,
Rongées dans l'amertume de ce venin noir
Qu'il nous a hélas pourtant bien fallu boire,
Qu'en reste-t-il, de ces échos malentendus?

Dis moi, lueur bletissante de mes aurores,
Dans la forêt de nos doutes, qui fut le premier
A porter un coup sanglant, et à blesser?
Pourquoi le plomb gris n'est il pas devenu or?

L'aspic que tu glissas en mon cœur fit ravage
De belles souffrances pour parachever mon servage!
Et quel fruit pourri et corrompu, dans ma bouche,

Pour avoir osé visiter ta triste couche!
Alors, point de Paradis, ni même d'Enfer,
Seulement les Limbes, l'éternité du désert.

dimanche 18 décembre 2011

Zimní

Quand pareils à de pâles chevaux de tristesse
Les nuages ont glissé des collines malheureuses,
Et emporté les rires, l'allégresse
Et dans leurs doigts griffus de glace brumeuse,

Ils ont figé les sanglots des mères, les cris des pères,
Et les souris des jeunes enfants dans le matin,
Jetant sur tous ces visages creux et amers,
La marque indélébile d'un morne chagrin.

Peu à peu les neiges ont pris les membres et le sang,
Jetant sur les villages et les prés un froid suaire,
Unissant à jamais ces pauvres amants,

Arrachant les souffles des bouches des grands pères.
Voici venir le temps de l'Hiver sinistre,
Au manteau de deuil gris et de glace triste.

Prière à la fille qui passe

Je sombre dans le songe oblivieux de tes yeux,
Je me noie, je m'étouffe avec bonheur, je meurs;
Et renais encore, sans cesse, aux premières lueurs,
Sous l'éphémère douceur de tes mots brumeux.

Je t'imagine danser dans la poussière pâle
Dans les derniers rayons morts et timides du soir,
Étirer ton corps ophidien sous les arbres noirs,
Tandis que je me délecterais de tes râles.

Je te vois déjà, derrière un voile de fumée
Souriant et caressant mes mains abîmées
Tandis que la morphine de ton parfum

Imprègne mon cœur malade et mon pauvre sein;
Le poison délicieux, inoffensif, dans mes reins,
Qui me possède, me consume jusqu'à la folie

Oh comme elle est douce, cette splendide agonie!
Étreins moi, éteins moi, noie le feu qui me brûle
Car que m'importe d'être roi, prince ou consul?

vendredi 16 décembre 2011

Relâchez les cygnes

Relâchez les cygnes, gémellité dans la mort,
Dans des nuages de lumière, qu'ils s'envolent encore!
La magie noire jette sur eux sa cruauté,
Damnation qui par l'amour seul peut être ôtée.

Des entrailles ténébreuses du chaos, elle est née
Ce démon aviaire a traversé les années.
Envie jaillie de l'orgueil cruel, qui danse, là
Sur le triste sol de velours nocturne et froid.

Les peaux d'albâtre se fissurent, comme des masques pâles;
Porcelaine de chair martyrisée par le Mal.
Entendez vous les violons gémir au lointain?

Un coup d'archet comme une dague dans un sein,
Un ventre, ou une hanche : le cygne oublie l'amour.
La princesse sombre dans l'eau froide, tandis que le prince accourt...

mardi 13 décembre 2011

Cantique de la putréfaction

Percé jusque dans les tréfonds glauques et noirâtres
De mon cœur bletissant et déjà presque mort,
Je ris comme un fou de mon infortune, du sort
Qui me frappe comme un ange au baiser douceâtre.

Fou, ô fou que j'étais! Aux portes du Valhalla,
Je crus enfin toucher du doigt la félicité;
Dans l'ombre du Niflheim je fus précipité,
C'est une bien pathétique histoire que voilà!

Ô douce et farouche Freya, ainsi tu me laisses?
Quel est ce crime, cette faute, en moi qui te blesse?
Reine des Valkyries, vas donc, je pourrirai,

Et parmi les ossements gras, je m'en irai,
Comme le cadavre d'un loup triste et solitaire,
Moisir parmi les insectes et parmi les vers.

Le voyageur

Seul, une besace remplie de souvenirs,
Et le cœur bien gros de souvenirs trop amers,
Il a tourné son regard bleu pâle vers les mers,

Saisi par ce besoin impérieux de partir,
Le voila parti, il sent le besoin de respirer,
Chaque pas le menant vers sa nouvelle vie,

Chaque pensée le menant vers ses nouvelles envies
Respirer l'air pur de nouvelles contrées,
Il va errer vers d'autres possibles, et d'autres Orients,

Entre les épaves de ses regrets, et les amants
De la cruelle fortune qui l'emmène au loin.
Et enfin les voiles blanches se gonflent dans le matin,

Navigant sur un océan bien trop calme,
Mais c'est dans les profondeurs que résident les âmes.
"Par le fond" est ce donc là le but du voyage?

Combien de chants de sirènes, combien de naufrages,
Avant l'ataraxie du cœur, loin des chaos?
D'océans noirs où résonnent les sinistres échos,

Des rugissements des krakens, des léviathans
Qui renvoient au soleil leurs éclats miroitants;
Verra-t-il à nouveau le soleil levant du matin?

Quels écueils évitera-t-il, par quels chemins?
Quel destin les étoiles muettes ont-elles dessiné
Pour ce pauvre voyageur, las et fatigué?

Typhus

Un soir que j'étais à me morfondre sous la lune,
Dans les vapeurs de souffre infernal et d'opium,
Je me sentis soudain plus machine et bien moins homme,
Et mes muscles et mes os gangrénés par l'infortune.

Dans les fumées d'usine et les cheminées noires,
Mon rêve abominable, mon cauchemar splendide
Avait pris forme dans ton œil bleu et humide,
Sous ta peau pâle comme ces suaires blafards.

Lente, apocalyptique descente au Paradis,
Souvenir d'un Eden perdu et byronique :
Moi, qui fut méprisé, chassé et puis maudit,

J'ai trouvé dans tes caresses félines et magiques
Le chaos nécessaire à mon ordre mental,
Toi, le plus beau, le plus doux de tous les pétales.

Le dragon et la rose

Courir, loin de ces paradis artificiels,
Vers des lendemains mordorés et chatoyants,
Eviter les sourires du Diable ricanant,
Et gagner la table d'or d'anges irréels.

Tout homme amoureux est un monstre fabuleux,
Et j'ai été le dragon à l'haleine soufrée
Bête cornue, au dos de pierre, de nuit ailée,
Mais quittant mes abysses je vis le jour merveilleux.

Point de peur du noir avecque ma rose blanche,
Morceau d'étoile que j'avais pris aux branches
De l'arbre tordu et fier de ma Destinée.

Ascension impossible, infinie, illuminée :
Les lumières de mon âme ne faiblissent pas,
Plus de chagrins, plus de larmes dans mon cœur : me voilà.

dimanche 11 décembre 2011

La fée noire

Elle danse dans le crépuscule mauve et pourpre
Fée noire aux accents slaves et celtiques de mon cœur
Elle révèle dans mon cœur d’improbables lueurs
Et son affection semble rimer avec toujours.

Son teint de faïence reflète l’éclat de la lune
Et l’incarnat de ses lèvres en dispute aux vampires
Et entre ses larmes amères et ses doux rires
Je lis mon avenir, clair comme dans les runes.

Je prose là sur un ange, heureux blasphème
Mais depuis longtemps elle a chassé les anathèmes
Comme un exorciste vêtu de satin noir

Je peux donc attendre sereinement le soir
Parcourant les vertes collines abandonnées
Heureux et apaisé comme un nouveau né. 

Par delà les soleils

Par delà les couchants de pourpre et de cuivre,
Nous nous embarquons dans les entrailles de bois mort
D'un navire dont la course tisse notre Sort;
Innocents comme des enfants, nous sommes bien ivres!

Le rhum de l'aventure mouillant nos lèvres salées,
Et le dos arque bouté sur des bouts tendus,
Nous nous élançons vers des paradis perdus,
Les voiles grises et les cœurs pareillement gonflés.

En nous résonne l'appel de la mer, le tambour,
Voilà la vraie pulsation, voilà le seul rythme,
Qui nous pousse à braver les tourments et les isthmes,
Qui ronfle et roule, dans les vagues, encore et toujours.

Mercenaires des flots, nous sommes partis sans regret,
Sans un sanglot ni un regard de compassion,
Et nous avons du laisser nos pauvres maisons,
Nos femmes en larmes, et nos patries désolées.

Nous voguons, nous volons, après le monstre immense,
Sur une mer plus noire que les ailes du Diable,
Car notre soif de vengeance est infatigable :
Bientôt, nous payerons aux Cieux notre créance.

Harpons et filets, fusils et canons, voilà
L'arsenal pour abattre cette créature,
Ce monstre abyssal qui a pour nourriture
Les âmes des noyés, et qui vit ici bas.

vendredi 9 décembre 2011

Eros et Thanatos

J’aimerai chaque parcelle de ton corps chaud
De ton adolescence fleurie à ton tombeau
Avec ma langue fébrile, mes doigts mutins
Je posséderai ton intimité comme un butin

Lentement, je ferai ramper mes caresses
De tes pâles lèvres charnues à tes douces fesses
Miroitante lune dans mon crépuscule mort
Dernière lueur d’espoir contre des anges retors

Je te pénètrerai, sauvage comme un loup
Mais en même temps amoureux, et si doux
Ta rose s’ouvrant pour accueillir ma tempête 

Délicieux orage de plaisir sous les trompettes
De tes gémissements chaque seconde plus forts
Tandis que des fées malignes nous regardent du dehors…

Un baiser pour le souvenir

Une onde, un baiser léger pour s'en rappeler,
Comme un souvenir d'automne sur tes lèvres pâles,
Et l'incarnat de tes ongles sur ma peau froissée;
Combien de brouillards ai je vu dans ces bacchanales?

Les poupées de porcelaine, les statues de marbre,
Pareilles à des rangées de soldats morts et froids
Saluent le passage de mon âme entre les arbres,
Parmi ces chryséléphantins tombeaux de rois.

Ma mourante promise, j'ai jeté dans les fonds,
J'ai rejeté dans les lagons les plus profonds,
Mes espoirs vaniteux et mes chagrins morbides;

Je n'ai point assez d'ivresses ni de joies stupides,
Pour arracher l'épave de ma peau de mes os,
Plonger vers le néant, vers la froideur des eaux.

As, roi, dame, valet

As, roi, dame, valet, cœur, trèfle, carreau, pique
Je suis le joueur infatigable et cynique
Dévoilant mes sibyllines arcanes au profane
Avant de disparaître, je récolte la manne. 

Je suis ici ou las, perdu dans les vestiges
D'une cité hantée par les puantes striges
Des amours mortes, décadentes, comme ultime atout
Œil aveuglé par le sang avant le noir trou.

Partage ma douleur, étends toi dans mon rêve
Et vautre toi dans cette méphitique sève
Je veux que tu absorbes mon âme par tes lèvres

Il n'y a dans mon cauchemar, que l'infini désert.
Alors fais moi rêver d'eau et de fruits juteux
Avant que ne se termine le grand jeu.

Les anges méritent de mourir

J'aimerais apprendre toutes les langues du monde,
Pour te dire à quel point il me tarde qu'à nouveau
Tu m'étreignes bien tendrement et que mon cœur fonde,
Et j'aimerais avec toi sortir du caveau.

Pauvre vampire que je suis, je ne vis pas!
Errant par les bois et les cimetières gris,
Aveugle, je me languis de tes yeux de chat;
Combien ai je poussé de plaintes et de cris?

Ton nom reste bloqué dans ma gorge serrée,
Mais hante encore ma poitrine abîmée,
Comme un souffle, un fantôme prisonnier qui hurle;

Et dans mes yeux la pâleur du crépuscule
Joue tristement avec mes larmes brûlantes,
Tandis que je m'enfonce dans des nuits aimantes.

Le prince des feuilles mortes

Seigneur obscur des fées demeurant dans les bois
Il vit reclus comme un ancien et pathétique roi
Il ne fait qu'un avec les racines de la sylve
Et dans ses cheveux nichent corbeaux noirs et douces grives.

Il est le prince des feuilles mortes, maudit des siens
Comme un cancer de la forêt, il corrompt son sein
Son hurlement funèbre est celui du hibou
Et dans ses yeux de braise brûle l'âme des sombres loups.

Voyez ses doigts noueux agripper le pommeau
D'une épée mortelle plus lumineuse qu'un flambeau
La rancœur le ronge, comme un insecte xylophage.

Jour et nuit il médite les horreurs des noires pages
Du Livre des Morts, armure de peur des faibles Hommes
Il attend, patiemment : bientôt viendra l'automne.

Bienvenue

Bonjour,

Après avoir fait mes premiers pas sur le réseau social le plus connu au monde, je lance cette première expérience, quoique je ne sois guère expérimenté.
J'espère que vous prendrez autant de plaisir, si ce n'est plus, à lire que j'en prends moi même à écrire.

Bonne lecture.
Votre serviteur.